2

On déguste ?

1

 

Vous avez été nombreuses à nous demander un petit article sur les règles de la dégustation. Il est vrai que ce n’est pas simple, et qu’il est délicat d’écrire un « guide officiel ». Il n’y a pas de méthode unique, mais il est certain que chacune est capable de déguster un vin : il suffit juste d’avoir un nez, des papilles gustatives et un cerveau. Pour mieux vous expliquer notre méthode à nous, nous avons quand même un peu potassé et nous avons essayé de vous simplifier le blablabla habituel.

A vos marques, prêts… sortez les verres et la bouteille !

Il y a deux règles complexes mais néanmoins indispensables, pour le dégustateur ! Il faut arriver à faire la différence entre boire et déguster. Le vin est avant tout synonyme de fête et de plaisir. La dégustation, elle, est une recherche, une découverte, un voyage en terres inconnues… Il faut savoir prendre son temps, être attentive et surtout… ne pas avoir peur du ridicule.

Lorsque nous dégustons, nous utilisons trois de nos sens : La vue, l’odorat et le goût. Nous pouvons ajouter le toucher lorsqu’on se rapproche du sommelier en lui demandant de retirer le bouchon… comme si on lui demandait de retirer… autre chose…

Dans un premier temps, après avoir rempli de moitié le verre, je prends plaisir à le contempler (sans pour autant sortir les yeux de nos orbites en tirant la langue, pensant que Jake Gyllenhaal va apparaître et danser avec vous). Non, non, je note le chatoiement de ses couleurs et la manière qu’il a de réfléchir la lumière. Le mieux est de faire ce geste devant un fond blanc (ça en jette toujours et on distingue mieux!). Ensuite, il faut essayer d’y attribuer un qualificatif visuel : sombre, pâle, particularité etc.… C’est à vous de juger, de faire parler votre créativité !

Pour le petit plus, il faut savoir que chaque vin est diffèrent. Sa couleur et sa nuance dépendent aussi de son cépage, de son degré de maturation des raisins, de la méthode de vinification, de l’âge du vin, de la région de production etc.… (Mais nous verrons tout ça dans un prochain article, ne vous inquiètez pas !) Et concernant la petite note poétique, si le vin apparaît « gras », et qu’il coule doucement le long des parois du verre, l’on nomme ça « les larmes du vin ». Mignon, non ?

Une fois que j’ai réussi à trouver le juste qualificatif du vin (et que je sais que ce Vacqueyras, je l’accorderais avec un top rouge pastel), j’arrive à l’étape que j’affectionne le plus, la plus agréable de la dégustation : le nez.

Mais avant, il faut « ouvrir » son vin, en faisant des mouvements de rotation. Le vin à besoin de s’oxygéner pour en libérer ses arômes. Il faut juste éviter d’en mettre partout à côté. Ce qui n’est pas chose facile pour moi, étant une grande maladroite.

Le nez du vin, est la partie essentielle. Ce que j’aime faire en premier, même si ce n’est pas forcément inscrit dans les livres, ou énoncé en cours d’œnologie, c’est de humeur les vapeurs d’alcool en premier, et les expirer directement afin de « nettoyer mon nez ». Cela me permet plus de concentration pour la suite. Vous pouvez répéter cette étape plusieurs fois. Encore une fois, il n’y a pas de règles ni d’obligations, chacun s’accommode à sa manière.

Ensuite, vous « sentez » une deuxième fois. Il faut plonger le nez aussi loin que possible dans l’espace libre du verre. Pas besoin non plus d’aller faire des bulles dedans ! Il faut juste piquer le nez, franchement, car ainsi vous pouvez en capturer tous les arômes. Ce n’est pas un travail monstrueux, il faut juste être attentiveet essayer d’associer ce que l’on sent avec des arômes de notre environnement quotidien, ou souvenirs de notre enfance (les confitures de nos grand-mères, nos ballades dans les bois, l’odeur des matières de la vie de tous les jours). N’hésitez surtout pas à humez plusieurs fois, deux à trois fois au moins.

2

Pour moi, sentir le vin est une expérience curieuse, voire fascinante. Avec de la pratique, vous arriverez de mieux en mieux à en cerner les arômes. Ne vous inquiétez pas si cela vous semble compliqué la première fois. Les vins peuvent parfois être complexes et capricieux. Vous sentirez des arômes une première fois, que vous ne retrouverez pas dans votre deuxième nez. Cela est tout à fait normal, il faudra juste prévoir un bon stock de vins pour pouvoir s’entraîner. Mais ce n’est pas bien contraignant, n’est ce pas ?

Enfin, après avoir admiré la robe du vin, et apprécié ses arômes, vous pouvez enfin le goûter. Cependant, là encore c’est délicat. Il ne faut pas avoir peur du ridicule, d’avoir des expressions du visage étranges, et surtout ne penser pas être complètement glamour à ce moment là (Si vous êtes avec votre amoureux ou le garçon que vous voulez séduire autant le prévenir que notre « quota sexy » va s’abaisser quelques secondes, mais au moins il ne pourra que saluer, par avance, vos capacités de dégustation). Deux choix s’imposent donc, ne pas être très sexy mais lui en mettre plein la vue avec notre connaissance… Ou le laisser choisir, quitte à ce qu’il se trompe mais rester jolie ? Dilemme pour certaine). Il faut prendre en bouche une petite gorgée de vin. Maintenez-la, pincez vos lèvres et aspirez un peu d’air par dessus le vin en vous servant de votre langue (évitez quand même de vous étouffer ou d’avoir le syndrome du Lama). Promenez ensuite votre vin dans votre bouche, vulgairement comme si vous vous rinciez la bouche après vous être lavé les dents (rien de bien chic, comme je disais donc !). Cela doit durer quelques secondes. Pendant que vous essayez de ne pas avaler de travers, il faut aussi vous concentrez sur plusieurs parties : l’attaque en bouche, qui peut-être courte, franche, ou agressive. Le milieu de la bouche, en circulant entre le palais et la langue, le vin révèle sa texture (dense, fluide, râpeuse…), la qualité de ses tanins, son équilibre, sa puissance, et la complexité de ses arômes.

Vous avez le choix, ensuite entre avaler (attention de ne pas le faire trop souvent au risque de finir ivre !), ou recracher. A partir de là, nous pouvons nous concentrer sur la retro olfaction, c’est à dire les flaveurs et les sensations qu’il reste en bouche (douceur, vivacité, acidité…). Et enfin, la longueur (ou la caudalie), c’est à dire le temps que les arômes restent en bouche après avoir bu (maximum de 10 à 12 secondes). Vous savez maintenant toutes les étapes nécessaires à la dégustation ! Bien joué !

3

Il reste bien évidemment beaucoup de détails techniques à connaître (le vocabulaire, les arômes que l’on trouve principalement dans les vins rouges, dans ceux du vin blanc, comment se fait un vin). Mais ne vous inquiétez pas, nous y reviendrons. En attendant, vous pouvez bien vous régaler d’un bon verre et parler arômes avec vos copines.

Petite note personnelle, entre la dégustation de deux vins différents, je conseille vivement de sentir autre chose pour réinitialiser votre nez (eau, morceau de pain, cheveux de votre amoureux) mais surtout pas de parfum !